Nérac. Pari réussi pour l’exposition William Blake

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Le tableau aurait fait trembler la monarchie française : une centaine de personnes réunies devant le château d’Henri IV pour célébrer un artiste venu d’Angleterre. Sacrilège ! Heureusement, l’assemblée était surtout là pour rendre hommage au travail du Néracais, André Furlan, président de l’association William Blake et propriétaire de la gravure présentée lors de l’exposition «Une œuvre, un secret» dont le vernissage avait lieu hier soir.

Déjà près de 700 visiteurs

Depuis mardi, la salle des écuyers accueille gratuitement les visiteurs venus voir les reproductions macro, vidéos, représentations 3D et bien sûr l’œuvre elle-même. à en croire l’organisation, la gravure, mais aussi le tiroir secret et le parchemin qui forment la pièce «L’opéra du Gueux», attirent de nombreux curieux ou amateurs d’art. «Vendredi, on a eu 285 visiteurs dans l’après-midi» calcule Christian Barbe, animateur de l’association. «On a ouvert depuis 5 jours et on dépasse les 700 visiteurs. Dans une petite ville comme Nérac, c’est quand même un phénomène.»

Avec la cinquantaine d’autres adhérents que compte l’association, il se démène pour que le circuit de visite se déroule au mieux, tout comme l’initiateur de l’exposition, qui court dans tous les sens et n’arrive pas encore à réaliser que, ça y est, il a réussi son pari fou : «Je suis en ébullition permanente», s’affole André Furlan. «Mais, honnêtement, je suis heureux quand je vois les enfants et les gens qui viennent des 4 coins de l’Europe.» Un soulagement pour celui qui a consacré près de 25 ans d’étude à l’œuvre de son artiste favori. Car rien n’était acquis tant il fut difficile de trouver des partenaires pour lancer le projet.

D’abord Nérac, ensuite New York ?

Le maire de Nérac, Nicolas Lacombe, n’a d’ailleurs pas caché son scepticisme du début dans son discours d’inauguration : «c’était un pari risqué car il n’est pas commun d’organiser une exposition sur une œuvre seule, mais le pari est réussi.» Et la municipalité qui apportait déjà un soutien logistique à l’association William Blake, compte bien lui accorder une subvention prochainement. Il faut dire que le travail d’André Furlan et son équipe font parler de Nérac bien en dehors des frontières de l’Albret. Rien de sûr pour l’instant, mais d’autres musées aimeraient bien accueillir «Une œuvre, un secret, William Blake». André Furlan s’en amuse : «On peut bien commencer à Nérac et finir à New York», explique-t-il en justifiant le choix de sa ville d’origine comme départ du projet. «Il faut cesser de croire que seuls les centres urbains peuvent s’offrir le privilège de la culture.»

Des idées plein la tête pour l’avenir de l’exposition, André Furlan se concentre pour le moment sur les dates néracaises avec, en point d’orgue, le concert du 5 juillet en hommage à l’artiste et humaniste britannique. Ses efforts devraient permettre de démocratiser l’œuvre parfois hermétique de ce graveur, peintre, musicien — et bien d’autres choses encore — qui fut, André Furlan le répète, «un artiste majeur». Dans cette optique, il se réjouit aussi d’accueillir les écoliers, collégiens et lycéens de l’Albret invités chaque matin de l’exposition à la Salle des écuyers. Mais une fois sa mission achevée sur ses terres natales, il compte bien poursuivre sur sa bonne lancée. Il l’a promis à l’assemblée : «La boucle n’est pas bouclée !»

«Une œuvre, un secret — William Blake» jusqu’au 6 juillet à la Salle des écuyers de Nérac de 12 heures à 19 heures. Entrée gratuite.

Michael Ducousso